Sans rien faire dans la dentelle,
Mon regard a donc dérapé
Sur vos envoûtements charnels,
Et mes yeux, pardi, ont brodés...
Ce fut l'insensé coup de foudre
Pour une fermeture Eclair...!
Il n'est point moment d'en découdre,
Ne voyez-vous mon coeur aux fers?
Peut-il être pire à mon songe
Qu'épingler ici mon bonheur,
Dans ce grand tissu de mensonges,
Où s'effilochent vos douceurs...?
N'en faites pas tout un poème,
Votre âme pâme et se la joue
En devinant que je vous aime
Dans cet ouvrage que j'avoue.
Ainsi, sous toutes ses coutures,
Le silence a trahi l'émoi.
J'aurais certes dû, oui, pour sûr,
Filer avant qu'elle me voie!
Sous couleur de le censurer,
Vers un chemin, sans point de croix,
Où je me croyais aiguillée,
Je fus reprise,... malgré moi.
Remember me… Remember me…
Des mots, dont je n'ai pas trahi
La mémoire,
Dans mes sentiments rémanents,
Au tournant ou détournement
De l'histoire.
Passé, présent ou avenir,
Tu as drapé mes souvenirs
De tes lois.
Toutes mes pensées convulsives
Impriment en leitmotiv…
Toi… Toi… Toi…
Disque rayé sur l'infini,
Souviens-toi en… Remember me…
Dans l'oubli
Où je me démène sans toi.
Penses-tu à moi quelquefois,
Où je suis?
Réminiscence en fixation,
Hantée de circonvolutions
Sans histoire,
Remember me… Remember me…
Des mots qui n'ont jamais trahi
Ta mémoire.
Tel un pantin de paille, égérie crucifiée,
Plantée au beau milieu de son champ visionnaire,
N'en déplaise à tout jardinier,
J'attends, fébrilement, les deux bras grand ouverts,
Que vienne se poser mon beau moineau blessé.
Quand parfois les vents se déchaînent,
J'imagine un ciel plus clément
Où mon bel oiseau serait mienne.
Vous! là! prenez-en de la graine
Et tâchez d'être plus conscients
De ce que vous semez au vent!
Aux glaciations de son absence,
Sachez-le bien, j'ai tenu bon,
Saison après saison… Patience!
Le plus dur est passé, je pense.
Je suis sure d'avoir raison:
Reviendra le temps des moissons.
Moi, le pantin de paille, ardemment sacrifié,
Sous l'intempérance de vos intempéries,
Je crierai: "honte au jardinier!",
En couvrant d'un baume d'amour le cœur meurtri
De mon plus bel amour ailé.
Tandis que vous vous rebelliez
Par défi des constellations,
Mon coeur au vôtre s'est lié,
Prisonnier de ce corps, pion
D'un époustouflant jeu de dames,
Et je garde en moi l'espérance,
Dans l'hégémonie de mon âme,
Que penche vers moi la balance.
Ne fûtes-vous pour moi qu'une étoile filante
Qui déroba mon voeu au secret d'un aveu?
Je suis restée pour vous dans l'attente patiente
D'un rendez-vous, en d'autres temps, sous d'autres cieux.
Comprenez de quoi il s'agit:
Taire la souffrance est un leurre,
A l'Amour elle n'obéit
Qu'en causant du tort au Bonheur.
Le cancer de mes sentiments,
En gangrenant mes vers sauvages,
Sera l'écho de mon tourment,
Ses séquelles au fil des âges.
Ne fûtes-vous pour moi qu'une étoile filante
Qui déroba mon voeu au secret d'un aveu?
Je vais restée pour vous dans l'attente patiente
D'un rendez-vous, en d'autres temps, sous d'autres cieux.
Dans la peur que l'encas prit cornes,
Sous le sort de mes émotions,
Persiste l'effusion sans borne
Trahie d'une vierge intention.
La voulions-nous indélébile,
Ou ai-je pêché, dans ma foi,
Que déjà mon poisson d'avril,
M'avait glissé entre les doigts...?